Bien des histoires de crise sont écrites en amont de la crise, de la catastrophe, ou de son passage inaperçu. Une illustration saisissante et très concrète nous est fournie par les débats européens sur les tests de sécurité nucléaire, tests de résistance selon « des scénarios extrêmes« 1, qui ont été voulus au niveau européen après la catastrophe survenue dans la centrale japonaise de Fukushima en mars.
On n’est pas d’accord sur les histoires extrêmes, sur ce qu’il faut imaginer d’inimaginable. Tremblements de terre, inondations ou variations de températures violentes sont bien au programme de créativité ; je ne sais pas si leur conjonction éventuelle est prévue… mais la chute d’un avion, accidentelle ou terroriste, ou des erreurs de manipulation humaines seraient exclus ! France et Grande Bretagne sont à la fois les pays les plus concernés par ces risques et les storytellers qui veulent « assouplir » les critères, écrire un scénario soft.
La suite de cette bataille autour d’un scénario dans cette journée du 12 Mai 2011… et puis les populations y trouveront du sens, pas nécessairement celui que les politiques y mettent. Pourtant, l’enjeu est bien celui du sentiment de sécurité et de choix en fonction de risques majeurs et d’enjeux économiques essentiels ; mais quel choix ? Démocratique ? Allons donc !
1. Le journaliste du Nouvel Obs emploie joliment l’expression
tests de résistance à « des scénarios extrêmes » :
il s’agit en effet pour l’industrie nucléaire de résister à des scénarios !












